02 septembre 2005
A lire : Putain d'usine
Jean Pierre Levaray
Putain d’usine
suivi de Après la catastrophe et de Plan social
Cet ouvrage constitue une réédition des écrits d’usine de l’auteur (Putain d’usine, L’Insomniaque, 2002), revue et augmentée de la chronique Après la catastrophe (L’Insomniaque, 2002) et de l’épilogue industriel Plan social (inédit). 
« Tous les jours pareils. J’arrive au boulot et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons – et des collègues que, certains jours, on n’a pas envie de retrouver. On fait avec, mais on ne s’habitue pas. On en arrive même à souhaiter que la boîte ferme. Oui, qu’elle délocalise, qu’elle restructure, qu’elle augmente sa productivité, qu’elle baisse ses coûts fixes. Arrêter, quoi. Qu’il n’y ait plus ce travail, qu’on soit libres. Libres, mais avec d’autres soucis.
Personne ne parle de ce malaise qui touche les ouvriers qui ont dépassé la quarantaine et qui ne sont plus motivés par un travail trop longtemps subi. Qu’il a fallu garder parce qu’il y avait la crise, le chômage. Une garantie pour pouvoir continuer de consommer à défaut de vivre.
On a remplacé l’équipe d’après-midi, bienheureuse de quitter l’atelier. C’est notre tour, maintenant, pour huit heures. On est installés, dans le réfectoire, autour des tasses de café. Les cuillères tournent mollement, on a tous le même état d’esprit et aussi, déjà, la fatigue devant cette nuit qui va être longue. »
Ouvrier dans l’agglomération rouennaise, Jean-Pierre Levaray ne fait pas secret de son travail d’auteur cherchant à s’évader du monde qu’il décrit : celui de l’exploitation quotidienne du travail posté dans une usine de produits chimiques. Cette réalité qui forge la lutte des classes et la reproduit sans cesse.
CNT-FTE : A propos de la rentree scolaire
La fédération des Travailleur-euse-s de l’Education de la CNT (FTE-CNT)
dénonce les conditions de rentrée et la poursuite au cours de l’été de la
destruction du service public d’éducation entrepris par le précédent
gouvernement avec la loi de régression scolaire Fillon.
Les sales coups de l’été
En effet plusieurs décrets ont été adoptés ces deux derniers mois. Or
malgré l’unanimité du rejet de la loi Fillon par l’ensemble de la
communauté éducative dont la mobilisation massive des lycéens sévèrement
réprimée, le nouveau gouvernement persiste à mépriser les
travailleur-euse-s. Ainsi dans une circulaire estivale, les TPE défendus
avec force par les lycéens seront abandonnés, il est également maintenu et
réaffirmé l’importance de l’apprentissage obligatoire par les enfants de 8
ans de la Marseillaise, tout comme aux pires heures de notre histoire.
Dans le même esprit réactionnaire une note de vie scolaire rentrera en
compte pour l’obtention du brevet. Dans cette même circulaire sont
évoquées les filières d’excellence ou encore les bourses au mérite, ceci
n’ayant d’autre but que de hiérarchiser encore plus les élèves, de
développer leur esprit de compétition afin qu’ils soient le plus
malléables possible lorsqu’ils rentreront dans un marché du travail sous
la coupe du Medef.
De plus, dans un autre décret, il est confirmé que les enseignants seront
contraints de remplacer leur collègue absent à partir du 1ier janvier
2006, à raison de 5 heures maximum par semaine et de 60 heures maximum
dans l’année. Une telle mesure, en plus de chercher à diviser les
professeurs, ne prend bien évidemment pas en compte l’intérêt des élèves :
pour le gouvernement il suffit que l’école joue un rôle de garderie.
Chercher à leur assurer le meilleur enseignement possible n’est pas sa
priorité.
Afin de pouvoir faire passer ses mauvais coups de l’été le gouvernement
joue encore une fois d’effets d’annonce avec la promesse de la création
de nouveaux emplois aidés (contrat d’accompagnement vers l’emploi ou
contrat d’avenir). Ceci sera insuffisant dans les établissements où le
déficit de personnels de vie scolaire est énorme depuis la disparition des
surveillants et des aide-éducateurs. En outre les nouveaux emplois créés
seront comme toujours encore plus précaires que les précédents et les
salaires toujours moins importants.
Et toujours pénurie, décentralisation, précarité
Que pèsent ces déclarations d’intentions dans un contexte de pénurie
budgétaire qui se traduit, année après année, par l’augmentation du
nombre d’élèves par classe dans le secondaire et par la fermeture de
classes dans le primaire ?
A cela il faut ajouter le problème toujours présent de la précarité.
L’Education nationale est un important employeur de précaires avec environ
1 personnel sur 10. Pour ce qui est des personnels précaires enseignants
cette année devrait voir la logique développée l’année dernière se
poursuivre avec majoritairement l’embauche de vacataires plutôt que de
contractuels. Pour nous il est clair qu’aucune de ces logiques ne nous
convient et que nous continuerons à réclamer la titularisation sans
condition ni de nationalité ni de concours de tous les précaires, avec le
principe « A travail égal, statut et salaire égaux ».
N’oublions pas non plus la décentralisation qui doit être effective en
cours d’année. Il se confirme que cette régression contre laquelle nous
avons luttée en 2003, entraînera à terme la privatisation de l’entretien
dans les établissements et donc la dégradation du cadre d’apprentissage
des élèves.
Une seule solution : la lutte
Il apparaît donc plus que jamais nécessaire de lutter face à cette
situation. La CNT-FTE militera partout où cela est possible pour faire
reculer ce gouvernement, elle soutiendra toutes les initiatives allant
dans ce sens, comme par exemple l’occupation contre une fermeture de
classe dans une école à Bègles.
La CNT-FTE militera également avec toutes celles et tous ceux qui
cherchent à construire un mouvement fort pour un service public
d’éducation de qualité, une école égalitaire et émancipatrice.
Lyon le 31 août,
Le secrétariat fédéral de la CNT-FTE
30 août 2005
4 rue du Roi Doré à Paris 3ème
Paris, le 30 août 2005
Une nouvelle fois un incendie faisant plusieurs victimes s'est déclaré dans un immeuble insalubre parisien.
Un communiqué du DAL sera diffusé sur ce site Web dès que possible.
Le rendez-vous est fixé à l'angle de la rue de Turennes et de la rue Saint Gilles (Paris 3ème).

Une Manifestation unitaire est prévue samedi 3 septembre 2005.
RDV à 15h30 M° Quai de la Gare.
Le mal-logement fait 17 victimes
Au moins 17 personnes, dont 14 enfants, ont péri dans la nuit du 25 au 26
août dans l'incendie d'un immeuble vétuste à Paris. La société gérant les
logements, France Europe Habitat, avait pris pour prétexte une
impossibilité de reloger les habitants pour ne pas effectuer les travaux
de rénovation nécessaires.
Force est de constater que ni le scandale Gaymard, ni l'incendie d'avril
dernier à Paris (24 morts), ni la dernière flambée des loyers n'ont influé
sur les politiques menées en matière de logement : le gouvernement, les
mairies et les sociétés privés se contentent de se renvoyer les
responsabilités. En 2004, l'INSEE estimait a plus de 1,8 millions le
nombre de logements vacants en France, pour 2 millions de personnes
mal-logées. Le calcul serait simple, s'il n'était pas parasité par la
spéculation et les discriminations.
Alternative libertaire affirme sa solidarité avec les familles des
victimes et poursuivra la lutte pour l'application de la loi de
réquisition des logements vides et le droit à un logement décent pour tous.
Alternative libertaire Paris-Sud
26 août 2005
--
Alternative libertaire
BP 295
75921 Paris Cedex 19
Tél. 08-70-23-19-36

